THREEFOLD

 

 

 

 

 

 

 

Eddie Gomez, contrebasse, Eric le Lann, trompette et Césarius Alvim, piano

 

« Vous voulez parler musique? sauf votre respect, je vous dis : silence. Silence, réceptacle d’où surgira un son inouï qui le rendra palpable, comme réconfortant.  Silence fécondé par cet accord impensable sans tout ceux qui l’on précédé. Silence riche de tous les bruissements extravasés du Cuivre, de la Corde et du Bois …».François Lacharme, Jazz Man – Extrait du livret du disque.

 

« …Soit l’un des disques les plus intelligents – et les plus poignants – produit en France ces dernières années… » – Jean-Pierre Moussaron – Extrait : Jazz Magazine – juin 1990.

 

« Paradoxalement, la musique de Cesarius Alvim est fondée sur le silence. Un silence fécondé par l’hymen du piano, de la contrebasse d’Eddie Gomez et la trompette d’Eric Le Lann qui accompagnent un artiste rare dont l’album clé (publié à l’origine par le label La Lichère en 1987) est pérennisé par cette réédition nécessaire. Cesarius Alvim reste en effet un de ces pianistes minimalistes (sans le vouloir) dont la musique n’est pas remplissage ou décorum mais la recherche d’une nudité sonore. Elle découpe de la manière la plus précise le silence. Mais juste ce qu’il faut en instruisant une sorte de tension intime par un forage. Celui-ci n’atteint pas d’autre butée que justement le silence....

 

Toutefois le pouvoir de la musique reste avant tout – grâce au compositeur et instrumentiste – la capacité à créer une jubilation dans des mouvements de retours et de répétitions. Peu à peu et pour un temps ils remettent en place notre puzzle intérieur. Threefold devient un accès dérobé à un moi ignoré et que seule une telle musique est capable de révéler. Cette jubilation émotive emprunte des galeries d’instants qu’Alvim développe par des convocations sonores particulières. Elles sollicitent mais avec discrétion.

 

Le jazz devient une méditation loin de toutes circonvolutions admises ou de ponctuations trop fortement marquées qui trop souvent le balisent. Rythme et timbre forment une rencontre poreuse parsemée de pointes et parfois de « glissandi ». Le récitatif musical marqué de vibrations précises touche de manière presque intangible dans leur tracé. Celui-ci ponctue un désir demeuré désir plus par la sensibilité des trois instrumentistes que de leurs instruments. Les officiants à travers leur maîtrise se veulent les serviteurs les uns des autres. Si bien que l’opus parvient à atteindre ce qu’en dit Baudelaire : « la musique s’incorpore à nous et nous fondons en elle ». Threefold implique en effet une tension perpétuelle entre le mouvement et la stabilité. Elle s’infuse en nous. Indissociable du silence qui la jouxte, l’œuvre porte la musique vers ce qu’elle reste par nature : le plus abstrait et le plus sensible des arts. » – François Lacharme, Jazz Magazine  novembre 2010.

Elu par Le Monde de la Musique, Télérama

n° 131 de mars 1990 : Album "Choc musique". 

5 diapasons, Sélection jazz Hot, 

Grand prix de l’Académie Charles Cros