HOMMAGE A BILL EVANS

Césarius Alvim, piano, Marc Bertaux, Contrebasse

 

Concert Mardi 8 mai, concert à 22 h au théâtre des Jacobins - Dinan

Dans le cadre 27e édition du festival dinannais Théâtre en Rance organisé du 8 au 12 mai à Dinan.

Renseignement : 02 96 85 29 51/info@theatre-en-rance.com

Mardi 8 mai, inauguration du festival à 18 h 30, au théâtre des Jacobins ; suivi à 20 h 30, de la pièce jeune public « Les p’tits cailloux ». Concert « Hommage à Bill Evans » est prévu vers 22 h. Pass soirée : 10 €.

Cesarius Alvim, son retour piano sur scène

Edition Dinan du 6 mai 2018

Il aura pris le temps. Après une dizaine d’années éloigné des salles de concert, le plus dinannais des jazzmen brésiliens, le pianiste Cesarius Alvim, joue ce soir aux Jacobins.

Hormis une poignée d’apparitions avec son « ami » Eddie Gómez, il avait déserté la scène depuis une dizaine d’années. Ce mardi, le jazzman Cesarius Alvim se frottera de nouveau au public, à l’occasion de l’ouverture de la 27e édition du festival dinannais Théâtre en Rance. Assurément un événement

 

« J’ai la volonté de reprendre les concerts. Après, je ne sais pas. Il faut un agent, tout ça… » Comme dans le jazz, Cesarius Alvim mène sa vie sans crainte de l’improvisation. « On doit faire face. »

Ces dernières années, il s’était mis en retrait de l’agitation des tournées, des hôtels et des décalages horaires. « J’ai fait plusieurs fois le tour du monde, et je ne me rappelle plus grand-chose », lâche-t-il, d’un air las.

Touche-à-tout

 

C’est à Dinan, au milieu des années 2000, qu’il trouve refuge. Loin du tumulte. « J’ai gardé un atelier à Paris, mais je n’y mets plus trop les pieds. » Ici, il imagine d’abord une école de musique internationale. Le projet capote mais, tombé sous le charme de la cité médiévale, il y pose ses valises.

Dans son appartement du centre-ville, une tasse raku japonaise en terre cuite – « je ne peux pas boire mon thé vert autrement » – patiente toujours sur la table. « Au cas où quelqu’un arrive. » À l’improviste…

Quand il nous accueille dans son salon, encombré d’instruments et de ses propres tableaux abstraits – la peinture est son violon d’Ingres –, Cesarius Alvim se fend d’un « Bienvenue dans mon laboratoire ! Comme disait Picasso, je cherche mais je trouve ! »

Le jazzman brésilien, né en 1950 à Rio de Janeiro, a « pris le temps » pour composer. Notamment une pièce pour orchestre symphonique.

C’est toute la difficulté, avec Cesarius Alvim. Il est pénible de le cataloguer. « C’est un réflexe Français, ça, de mettre les gens dans des cases. » Arrivé en France au milieu des années 1970, pour suivre les cours du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, il bifurque rapidement vers le jazz. À l’époque, les clubs sont florissants, on croise facilement des artistes américains.

Incontournables standards

Cesarius Alvim se fait d’abord un nom comme contrebassiste, jusqu’à devenir incontournable en France. Une carrière internationale, des collaborations avec de grands noms comme Chet Baker, Bill Evans ou Martial Solal. Et puis, un jour, il décide de ne plus se consacrer qu’au piano, son instrument de prédilection.

« Certains n’ont toujours pas compris pourquoi. J’attendais juste le bon moment, c’était une évidence. » Il l’avoue, Cesarius Alvim ne suit pas l’actualité jazzistique avec une grande assiduité. « De toute manière, le langage du jazz, c’est d’abord les standards. »

Ce soir, avec le contrebassiste Marc Bertaux, il rendra hommage à Bill Evans. Déjà, en 2014, il avait participé à New York à l’enregistrement de deux albums consacrés au célèbre pianiste américain. « Chaque interprétation est différente. » Sous-entendu, l’inattendu forcément sera au rendez-vous.

Césarius Alvim : la touche de jazz de Théâtre en Rance

© Le Télégramme – Edition du 6 mai 2018

 

Le célèbre jazzman brésilien Césarius Alvim ne comptait pas remonter sur scène de sitôt. Mais, au gré des rencontres dinannaises, où il vit depuis plusieurs années, il s'est laissé convaincre à participer au festival Théâtre en Rance. Mardi 8 mai, à l'occasion de la première journée des festivités, il se produira en duo avec Marc Bertaux.

Au programme : un hommage à Bill Evans. Grande figure du jazz américain, ce dernier est un véritable coup de coeur de Césarius Alvim. «La première fois que je l'ai écouté, je devais avoir 15 ans. J'étais bouche bée », raconte-t-il. L'artiste lui a d'ailleurs consacré un disque au côté d'Eddie Gomez. Un nouvel album pourrait bien déboucher du concert prévu à Dinan. En attendant, Césarius Alvim a hâte de retrouver la scène et l'émotion du public.

 

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Dinan. Le jazzman Césarius Alvim remonte sur scène

© Le Télégramme – Edition du 7 mai 2018

Compositeur brésilien de talent, Césarius Alvim a côtoyé des grands noms du jazz depuis près de 50 ans. En retrait depuis une dizaine d’années, à Dinan (22), il y remonte sur scène dans le cadre du festival Théâtre en Rance.

Au 3e étage d’un immeuble du centre-ville de Dinan, un appartement pas franchement comme les autres. Dans le salon, télévision et table basse ont été remplacées par une console de montage audio, une batterie et un piano. Sur les murs, de nombreuses toiles, abstraites pour la plupart. Bienvenue dans l’antre d’un créateur hors-norme. Bienvenue chez Césarius Alvim.

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Compositeur, pianiste et bassiste, cet homme, aujourd’hui âgé de 68 ans, est bien connu dans l’univers de la musique, notamment dans celui du jazz. Il a joué et enregistré avec Marcial Solal, Jean-François Jenny Clarke, André Ceccarelli, Joe Handerson, Eddie Gomez, Lee Konitz. Tout a commencé au début des années 1950, au Brésil, à Rio de Janeiro sa ville de naissance. « Ma mère était chanteuse lyrique et pianiste. À la maison, on écoutait souvent des oeuvres de Debussy, de Stravinsky. J’ai tout de suite aimé ça et j’ai commencé à prendre des cours de piano et de batterie », raconte-t-il. Adolescent, avec un groupe de bossa-nova, il sillonne le Brésil. Puis, « fasciné par la culture française », il décolle, direction Paris à l’âge de 19 ans. « J’ai pris une claque. Je me suis rendu compte que mon niveau était très très bas. Je suis rentré deux ans plus tard, bredouille ».

Tom Jobim croisé dans un bar

Dans un bar à Rio, il croise Antônio Carlos Jobim, surnommé Tom Jobim, « inventeur » de la bossa nova et auteur du tube planétaire « The Girl from Ipanema ». « C’est l’une de mes plus belles rencontres », en frissonne encore Césarius. Cela lui donne surtout le cran de se remettre au travail. Et quelques années plus tard, en 1976, il décroche une place au Conservatoire supérieur de musique de Paris. Le début d’une longue et belle carrière. Seulement voilà, depuis une dizaine d’années, Césarius Alvim vit dans l’ombre de ses créations, loin de la scène. « Avant, je courrais d’un concert à un autre, j’étais toujours en déplacement. Sauf que j’ai voulu me consacrer à la composition et c’est impossible de faire les deux en même temps », confie-t-il entre deux tasses de thé. 

 

« La Bretagne m’inspire »

Un peu par hasard, l’artiste troque alors Paris et New York pour une petite ville bretonne : Dinan. Il y découvre un nouveau mode de vie. « C’est une chance de vivre ici. Le climat, les habitants, la nourriture ». En plus de la musique, Césarius peint. « La Bretagne m’inspire énormément et cela m’aide aussi pour la musique. Partout où je vais, la nature est incroyable. Le port de Sauzon, par exemple, c’est toute une poésie que d’y entrer en bateau ». C’est peut-être ce bien-être quotidien qui le pousse à remonter sur scène, cette semaine, dans le cadre du festival Théâtre en Rance. « L’émotion du public, pour un musicien cela compte. J’ai envie de retrouver ce partage », assure Césarius.

 

Pour l’occasion, il sera accompagné de son ami Marc Bertaux. Au programme : un hommage à Bill Evans. Qui sait ? C’est peut-être le début d’une nouvelle aventure pour Césarius Alvim.